APPENDICE AU CHAPITRE IV
PLAISIR DE LA FEMME DANS L'UNION
Vatsyayana discute longuement les opinions des anciens sages sur la
semence de la femme; nous préférons donner les résultats de la science
moderne sur ces questions si vieilles.
Dans l'union, le clitoris grossit et se dresse; les grandes et les
petites lèvres se gonflent; le tissu érectile du vagin entre en
action, excité par le frottement; la muqueuse vulvo-utérine sécrète,
conjointement avec les glandes, une humeur visqueuse qui rend le canal
plus glissant.
Cette sécrétion, bien qu'elle apparaisse quelquefois sous la forme
d'un fluide laiteux, n'est point une éjaculation, car la femme n'a pas
d'appareil éjaculateur.
Le plaisir, chez la femme, est dû, pour la plus grande partie, aux
chatouillements exercés sur le clitoris, et, pour le reste, aux
frottements produits sur les parois du vagin et les petites lèvres,
pendant l'action.
Si le spasme voluptueux a moins de violence chez la femme, il est par
contre plus prolongé que chez l'homme.
Les femmes nerveuses ou à imagination ardente éprouvent un plaisir très
vif au moindre chatouillement des parties. Tout contact par l'homme les
impressionne.
Les femmes lymphatiques, grasses, n'arrivent au spasme vénérien qu'après
de longues caresses et excitations des organes.
Le Docteur Jules Guyot, _bréviaire de l'amour Expérimental, _s'exprime
ainsi sur le sujet, dans sa 3e méditation.
«Tant que le spasme n'est pas déterminé dans les deux parties, la
fonction n'est pas accomplie; l'homme n'a pas émis le fluide vivant,
la femme n'a pas projeté de ses limbes, dans l'utérus, des ovules avec
toute l'énergie nécessaire.»
Une cause déterminante du spasme réside dans les mamelles et surtout
dans les titillations et la succion des mamelons.
Beaucoup de jeunes filles croient permis et permettent à leurs amies et
quelquefois à leurs amis la titillation et la succion de leurs seins;
leur pudeur ne s'en effarouche point comme de l'attouchement des parties
secrètes. C'est ce que le docteur Gauthier appelle l'onanipumammaire,
très commun dans les pensionnats.
L'impression ressentie détermine constamment l'érection du clitoris;
et la friction de ce dernier organe, simultanée à la succion ou à la
friction des mamelons, amène nécessairement le spasme génésique.
Rarement, le baiser avec les lèvres et dans la bouche peut produire un
pareil résultat.
Dans l'état de besoin et de désir, les lèvres vaginales de la femme sont
fermes et vibrantes, les seins sont gonflés et les mamelons en érection.
Si la femme ne présente pas ces signes, l'homme doit les déterminer
par ses caresses, et ne doit accomplir la connexion que lorsqu'il est
parvenu à produire le désir chez la femme.
Dans ce cas, il commence par toucher délicatement le clitoris.
Le clitoris est placé en haut et en avant de la vulve, sous deux
petites lèvres, tout près et au-dessous du pubis ou mont de Vénus, à
la commissure supérieure des grandes lèvres, comme serait un bouton de
violette caché sous les feuilles supérieures; il est court, et le plus
souvent a 2 ou 3 centimètres de long; il est de quelques centimètres
au-dessus du vagin, canal de 4 à 10 centimètres de diamètre qui monte de
la vulve à la matrice ou utérus.
La vulve ou vestibule des organes génitaux de la femme s'ouvre de haut
en bas par deux replis membraneux placés de chaque côté; ce sont les
grandes et les petites lèvres, celles-ci au-dessous de celles-là, qui,
par leur accolement naturel, forment le vestibule.
Par suite de cette disposition, le pénis, en s'introduisant dans le
vagin, ne touche que rarement le clitoris; mais il le touche dans la
connexion complète, par le contact et le frottement extérieur des
surfaces supérieures du pénis et des parties subspubiennes de la femme;
en d'autres termes, le pénis qui se meut de bas en haut vient choquer ou
presser la tête du clitoris qui lui se dirige toujours de haut en bas.
Dans ce cas, l'excitation du clitoris se communique nécessairement à
tout le reste de l'appareil génital de la femme.
Lorsque le vagin entre en érection, soit spontanément, soit par
l'excitation des autres organes, il se porte en avant, s'entr'ouvre et
favorise ainsi l'introduction du pénis qui, si cette introduction était
intempestive ou violente, pourrait déchirer les parois du vagin et
blesser la femme au col de l'utérus.
«La matrice,» dit Platon, «est un animal qui se meut extraordinairement
quand elle hait ou aime passionnément quelque chose. Son instinct est
surprenant lorsque par son mouvement précipité elle s'approche du
membre de l'homme pour en tirer de quoi s'humecter et se procurer du
plaisir[28].
[Note 28: Cuveillier.--La matrice (mater) ou utérus (utriculus, outre)
est l'organe de la gestation, le vase où se produit la fécondation par
la semence virile des oeufs détachés de l'ovaire.]
Si les parties de la femme n'entrent point en érection, le pénis se meut
dans le vagin qui reste insensible; dans ce cas l'homme seul éprouve un
plaisir et le spasme, par l'effet de la friction exercée sur les parois
internes du vagin par le pénis.
L'homme peut ainsi s'épuiser sans que la femme éprouve aucun plaisir,
parce que, soit par ignorance de la nature de la femme, soit par
impétuosité passionnelle, il n'agit que sur les muqueuses vaginales.
Dans ces conditions, la femme reste froide, insensible, souvent même
elle souffre; l'homme s'offense de son inertie, de sa stérilité, car
elle ne peut concevoir en cet état.
De là naissent la désaffection et l'infidélité souvent réciproques qui
seraient évitées sûrement par des rapports mieux compris entre époux.
C'est sans doute pour éviter ces fâcheux effets que des théologiens
permettent et même conseillent à la femme des attouchements sur
elle-même qui suppléent à l'insuffisance du mari pour déterminer son
spasme et pour, autant que possible, le faire coïncider avec celui de
l'homme.
La matrice est située dans l'excavation du bassin; son axe, dirigé
obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, occupe la ligne
médiane entre la vessie et le rectum. Il est maintenu dans sa position
par les ligaments ronds et les ligaments larges qui, lâches et
flexibles, lui permettent de flotter, pour ainsi dire, dans l'excavation
du bassin et d'y exécuter des mouvements plus ou moins étendus. C'est
pour quoi on l'attire facilement vers la vulve dans certaines opérations
chirurgicales et, lors de la grossesse, elle se déplace et s'élève dans
l'abdomen.
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