APPENDICE AU CHAPITRE I
N° 1.--Dimensions des organes.
Beaucoup de rhétoriciens connaissent les distiques suivants:
OVIDE
Noscitur e pedibus quantum sit virginis antrum
Noscitur e naso quanta sit hasta viro.
Chez une femme: petit pied, petit bijou;
Chez un homme: gros nez, gros membre.
MARTIAL
Mentula tant magna est, lantus tibi, Papile nasus Ut possis, quoties
arrigis, olfacere.
Littéralement: Ton nez est si long, Hapilus, et ta mentule si grande que
tu peux la flairer quand elle est debout.
En vers: Jean a le nez si long et la verge si grande
Qu'il peut se moucher quand il bande.
Le même, Livre XI, 71.
Lydie est aussi large que le derrière d'un cheval de bronze, qu'un vieux
soulier tombé dans la boue, qu'un matelas vide de sa laine. On dit que
j'ai besogné Lydie dans une piscine d'eau de mer; c'est bien plutôt une
piscine que j'ai besognée.
N° 2.--Intensité de la passion.
Martial X. 60.--Sur Chloé et Phlogis.
Vous demandez laquelle de Chloé ou Phlogis vaut le mieux pour l'amour.
Chloé est plus belle, mais Phlogis est un volcan qui rajeunirait Nestor.
Chloé, au contraire, ne sent rien, ne dit rien. On la croirait absente
ou de marbre. Dieu fasse que Phlogis ait les formes de Chloé et Chloé le
feu de Phlogis.
Docteur Villemont, _Amour conjugal_.--C'est un péché plus grand de
forniquer avec une laide qu'avec une belle. Se griser avec du bon vin
est un péché véniel; avec du mauvais, un péché mortel.
Docteur P. Garnier.--La science repousse aujourd'hui l'ancienne théorie
de la toute puissance du clitoris sur la production des désirs vénériens
chez la femme et son développement exagéré n'est point la cause directe
de la luxure et de la tribadie. Beaucoup de femmes sont insensibles aux
titillations de cet organe puisqu'un certain nombre se masturbent en
introduisant dans le vagin des corps qui ont la forme de phallus.
L'absence de l'un des organes génitaux, clitoris, vagin ou ovaire,
suffit quelquefois, mais exceptionnellement, à'éteindre le désir chez la
femme. Le sens génésique se trouve dans toutes les parties du système
génital de la femme, il n'est exclusivement dans aucune d'elles.
Certaines femmes très amoureuses n'éprouvent aucune sensibilité spéciale
dans le clitoris et dans les bulbes du vagin, cette sensibilité est
répandue uniformément dans tout l'appareil génital, dans les seins plus
qu'ailleurs. C'est du coeur et de l'imagination qu'émanent les désirs de
la femme et c'est en excitant ses sentiments qu'on peut et qu'on doit
les provoquer.
La menstruation ne se développe pas seule. L'excitabilité génitale se
décèle souvent avec cet âge par le prurit et la masturbation chez les
petites filles et persiste encore plus souvent après chez de vieilles
femmes lascives.
L'état passif de la femme dans la copulation lui rend _cet acte
possible indéfiniment_, tandis que l'âge et les excès limitent l'homme
étroitement à cet égard.
L'embonpoint n'éteint point le désir chez la femme, mais les femmes
passionnées sont généralement très maigres.
La frigidité féminine a ses degrés et n'est souvent que relative. Malgré
sa fréquence, la répulsion en est très rarement la cause; l'attraction,
le plaisir font seuls défaut. Elle n'empêche que très rarement la femme
de se marier, ne la rend jamais stérile ni mère imparfaite.
Il existe des hommes et des femmes qui vivent continuellement sous
l'influence des organes génitaux. Ce sont ordinairement des sujets
pauvres d'intelligence et des idiots.
Phacès cite un prince maure qui, en trois jours, donnait satisfaction à
ses quarante femmes. On cite une femme publique qui, pendant dix ans, a
reçu tous les jours dix hommes sans en souffrir.
C'est surtout chez la femme douée d'une ardente imagination que la
continence provoque l'exaltation cérébrale et celle de l'organe génital.
No 3.--Durée de l'acte charnel.
Ovide, _Art d'aimer_, Livre II.
Allez doucement dans l'hyménée et ne vous hâtez pas d'atteindre le but;
ne laissez pas votre maîtresse en arrière, et ne souffrez pas non plus
qu'elle vous devance dans la course. Le plaisir n'est parfait que
lorsque, également vaincus, l'homme et la femme rendent en même temps
les armes.
J'aime à entendre la voix émue de ma maîtresse exprimer son bonheur et
me prier de le faire durer.
Qu'il m'est doux de la voir se pâmer de plaisir et me demander merci.
La nature n'a point accordé cet avantage à la première jeunesse de la
femme; il est réservé à l'âge qui suit le septième lustre.
A cet âge, et même à un âge plus avancé, les femmes instruites par
l'expérience, qui seule forme les artistes, savent mieux tous les
secrets de l'art d'aimer.
Elles rajeunissent leur corps à force de soins; par mille attitudes
savantes, elles savent varier et doubler les plaisirs de Vénus; elles
font goûter le plaisir sans recourir à des moyens honteux pour rallumer
vos feux; la jouissance qu'elles procurent, elles la partagent
également. C'est pour vous, c'est pour elles qu'elles agissent alors.
Nous emprunterons la note suivante et quelques autres au _Bréviaire de
l'amour expérimental _de Jules Guyot, petit livre publié après la mort
de l'auteur par trois savants très haut placés dans l'estime publique,
_pour l'usage des gens du monde, même les plus chatouilleux au point de
vue de la décence._
N° 4.--Simultanéité des spasmes.
Docteur Jules Guyot, 11° méditation.
La meilleure préparation pour la fécondation est la continence de
l'homme.
L'époque la plus favorable à la conception est le septennaire qui suit
la menstruation.
Les conditions nécessaires sont la simultanéité des deux spasmes ou, à
défaut, le spasme de la femme provoqué le plus tôt possible après celui
de l'homme.
L'ignorance ou la négligence de cette pratique est la cause des neuf
dixièmes des unions stériles (cela explique et corrobore le conseil de
Sanchez).
Cependant, par une déplorable facilité à la conception, la fécondation
se produit très souvent sans que le spasme de la femme ait eu lieu.
Prec Sommaire Suivant